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Lettres de Louise
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19 janvier 1923
Chers Cousine et cousin,
Ma chère Clémence, tu ne savais peut-être pas mais je te dirai que je suis une vielle Bique , j’en ai cinq à l’écurie, tu me diras qu’une serait suffisante et je te donne raison. Maman ne peut pas les soigner et par comble, Marthe est fort occupée chez son parrain Bailly qui soufre cruellement de douleurs dans la tête, les épaules, les bras et les mains. Comment faire pour m’absenter, je t’assure que j’aurais été bien contente de t’aider à faire tes couvertures chez vous, moi qui croyais que tu allais arriver un de ces jours avec ton fourniment, nous sommes déçues toutes les trois. Comment vas-tu faire, il est difficile de les faire seule. Quel malheur d’avoir tant de biques et pas facile de s’en débarrasser.
Nous attendons toujours Adélaïde, elle doit aussi avoir à faire. Angèle et Louis ont loué la maison du « Carabinier » qui appartient à Charles Jouffroy ; Ils y viendront en février ou mars. Il nous tarde de vous voir tous les deux, surtout prévenez nous, ne faites pas comme Jeanne et Xavier qui nous tombent dessus un dimanche d’août qu’il n’y avait rien, pas même de la soupe. Je vous en prie, ne faites pas cette bêtise-là.
Avec nos meilleures amitiés, recevez chers cousine et cousin nos bons baisers de toutes trois
Votre cousine Louise

Janvier 1924
Chers cousine, cousin,
Nous sommes toujours très contente quand nous avons de vos nouvelles et le serons encore bien davantage quand vous serez à Routelle. Quand nous entendrons parler de la vente d’une maison on vous le fera savoir.
Nous avons vu Jeanne les derniers jours de novembre, un jour que nous sommes allées à Besançon et elle nous a parlé de vous.
En effet, c’est elle qui nous a annoncé que Adolphe avait la médaille. Nous en sommes très contentes et si Jeanne l’a aussi , on peut dire qu’elles ont été bien gagnées et nous les en félicitons tous deux.
Je crois que vous auriez pu faire de la goutte avec vos pommes en la tirant en blanc.
Personne, ici n’a encore vendu son foin, il cotait 110 et maintenant on parle de 80,80. Tous ces hivers passés, le foin circulait tous les jours, cet hiver, on ne voit rien et personne n’en parle.
Venez donc tous les deux, cela nous fera plaisir, mais prévenez-nous.
Le dernier dimanche de l’année on a eu une crue. Elle est venue presque dans notre jardin, il n’y a eu que Mathieu et François Cachot d’inondés.
Quand tu es venu cet été on a du te parler des cassures qui se sont faites au village ; l’année a été complète, on en compte huit : quatre hommes, quatre femmes, pas de jaloux qui sont : Aubin, une jambe, Alfred Salomon, un genou, Auguste Bontemps, épaule et poignet, Virgile le pied, la femme Amiot, la Marie papier et l’Octavie Martin, chacune un poignet et la Célestine, la dernière, un genou.
Le docteur était toujours à Routelle pour mettre ou démettre un membre dans le plâtre .
Espérons que l’année 1924, nous préservera de toutes cassures et donnera à tous une bonne année et surtout une bonne santé, ce que, toutes trois nous vous souhaitons de tout cœur et vous embrassons bien affectueusement              Louise

26 février 1924
Chère Fernande,
J’ai pris ton paquet pour emballer les habits d’André. Il est vraiment temps de vous les envoyer.
Voilà presque un mois que je n’ai pas pris l’aiguille.On a enterré Madame Aimé Robert le dernier janvier, ce qui nous a pris plusieurs journées ; ensuite, on est allé à la vigne, on a fait la lessive d’Aimé et fait notre bois et ensuite il a fallu se préparer à faire la goutte,, nettoyer les fûts, on en a jamais fini.
Aujourd’hui, j’ai fait ton panier, le complet y est avec le pantalon d’été, les trois chemises et la tienne et aussi un peu de cancoillotte.
J’espère que tu es sortie de l’hôpital et que la convalescence s’avance. Vous venez de passer tous les deux un bien mauvais hiver qui s’éternise. Depuis, hier lundi, nous avons une bonne couche de neige, les grippes ontété très mauvaises, plusieurs personnes des environs en sont mortes. Demain mercredi, j’irai faire l’expédition et nous souhaitons, toutes trois qu’il arrive en bon état et qu’il te trouve en aussi bonne santé que nous désirons que tu sois comme par exemple à la fin des vacances.
Nous envoyons nos bonnes amitiés à André et, à toi, nos bons baisers.
Louise



 
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