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Lettres de Louise
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2 janvier 1923
Chers cousines et cousins,
C’est comme tu le dis, heureusement qu’il y a un nouvel an pour se donner des nouvelles, l’un et l’autre. Je pensais à vous tous ces jours derniers et aussi au Père Buhon. Nous avons été surprises de son décès, nous ne savions pas qu’il n’était plus chez vous. Il est venu à un grand age, bien peu y viennent. Presque toujours, la mort surprend ; il est presque certain que si vous aviez su sa fin si proche que vous l’auriez encore gardé, mais on ne sait jamais.
Les bisontins sont venus une seule fois cet été nous voir. Adélaïde est revenue cet automne nous apporter du raccommodage et doit venir le chercher ces temps-ci.
Ma chère Clémence tu sauras que ce n’est pas une saison pour refaire des matelas, mais bien la saison des visites. Puisque tu es libre maintenant et que tu n’es pas trop mal, tu vas en profiter pour venir nous voir. Adolphe est venu il y a bientôt un an sans trop de fatigue. Viens par la même voie.
Tu sais bien que toutes les fois que tu es venue, cela te fait du bien et nous te mettrons au courant des maisons à vendre. Il y a tant à dire que l’on ne peut l’écrire. Il nous tarde aussi de vous voir installés à Routelle avec Adélaïde. Vous savez peut-être que la mère Billet est morte du mois d’avril, 90 ans, le père Bouchet de cet automne, 74 ans. François Nottet de Saint-Vit est enterré du 28 décembre, 85 ans et celui de Routelle se casse bien, il vend ses terres mais garde la maison. Comme voilà bien des années que tu n’es venue, nous avons bien des choses à te dire. Il faut absolument que tu te décides, prépare-toi et viens.
Je termine en vous envoyant à tous deux nos meilleurs souhaits de bonne année et de bonne santé. Maman et Marthe se joignent à moi pour vous embrasser tous les deux bien affectueusement.
Votre cousine Louise
Il n’y a pas de mouton au village, peut-être en trouverait-on un chez les voisins ?

3 janvier 1923
Chers cousines et cousins,
Très contente d’avoir de vos nouvelles, je vous remercie de vos bons souhaits. A votre tour, recevez les nôtres aussi sincères de bonne santé et de prospérité. En plus, une gentille petite maison peuplée de deux ou trois beaux bambins. Je n’en souhaite pas davantage pour ne pas vous effrayer
Les bons baisers à tous deux.
Louise et Marthe

5 janvier 1923
Chers tante, cousines, cousins,
Je viens vous offrir pour cette nouvelle année nos meilleurs vœux et nos meilleurs baisers. Je vous souhaite surtout la santé, ce qui est l’essentiel pour tous. Je m’étais bien promise de répondre à votre lettre mais les jours passent sans le faire.
Nous avons bien reçu les racines de fleurs de Georgina. Mais la boite a tenté quelque employé qui a cru trouver des bonbons. Le papier qui l’enveloppait était en lambeaux, l’adresse décollée, c’est miracle qu’elle soit arrivée. J’ai mis les racines en terre dans des pots à la cave et hier, je me suis aperçue qu’elles poussaient déjà ; je les ai vite passées dans le petit jardin devant la fenêtre et les rentre pour la nuit. Je vous en remercie beaucoup.
Il a plu tous ces jours ci, les ruisseaux et le Doubs ont débordé et se sont retirés avant d’entrer dans les maisons.
Maman et Marthe se joignent à moi pour vous embrasser tous affectueusement.
Votre nièce et cousine Louise

19 janvier 1923

Chers Madame et Monsieur Lallemand,
Si nous avons tant tardé à répondre à votre aimable carte, c’était pour pouvoir vous dire que vos chemises sont faites ; vous pouvez les prendre quand il vous plaira.
Pour être tardifs, croyez bien, cher Madame et Joseph et Mademoiselle Marie-Louise, que nos souhaits de bonne santé et de bonne année n’en sont pas moins sincères. Avec nos bons sentiments, recevez nos meilleure amitiés.
Louise Bolard

19 janvier 1923
Chère Fernande,
Nous avons été très contentes de recevoir de vos nouvelles , nous les attendions depuis quelque temps. Nous vous remercions beaucoup de vos bons souhaits et du mandat. Nous sommes toujours pressées pour la couture et en plus, Marthe est fort occupée chez Monsieur Bailly qui est malade de douleurs.
Le Doubs a bien débordé mais s’est arrêté pour n’entrer chez personne, il est fort aimable.
La pelisse de Capi est aussi fournie que celle du Toutou et, en plus il est gras comme un lard.
Ton Kiki, également, il se promène avec toute la ménagerie à travers l’écurie ( c’est un petit roi).
Voilà trois ou quatre semaines que la petite Marthe Bastien est malade. Elle commence à aller mieux.
Alice va partir avec son mari aux colonies, je ne sais pas au juste où.
Angèle et Louis viennent rester à Routelle dans la maison de Charles Jouffroy, à la Rue, en février ou mars.
Les nouvelles chôment en ce moment, aucun mariage en perspective.
Ces temps-ci, quand le marchand aura une bonne cancoillotte on t’en fera un petit colis. En ce moment, elle n’est pas fameuse .
Après un hiver brumeux, nous allons peut-être avoir du sec, depuis déjà plusieurs jours nous avons un temps magnifique, du soleil toute la journée. Il va falloir penser à aller bientôt fagoter le bois à la coupe, ensuite les travaux commenceront tout doucement.
Chère Fernande, veuillez bien tous deux recevoir nos meilleurs vœux de bonne santé et de bonne année pour 1923 .
Avec nos bonnes amitiés et bons baisers à toi.
Louise



 
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