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Page 3 sur 5 18 janvier 1922 Chère Fernande, Nous avons bien reçu ta lettre en son temps qui nous a bien fait plaisir ; je suis en retard pour y répondre. Samedi dernier 14, on faisait l’enterrement de notre pauvre Georges. Le 20 décembre, Angèle et son mari assistaient à l’exhumation aux environs de St Dié et il arrivait en gare de St Vit samedi matin, ce qui est cause de mon retard. Maman, Marthe et moi avons quitté le moulin et restons les trois à Routelle dans la maison qui appartenait à Georges. Une partie de nos terrains est louée ; avec peine nous faisons l’autre partie. Cet hiver, nous avons pas mal de couture à faire ce qui nous empêche encore de nous raccommoder. Nous nous plaisons fort là. Etant fort occupées, le temps passe terriblement vite et l’on pense moins à ses peines. Depuis que ta mère a quitté Routelle, personne n’a eu de ses nouvelles, à part chez Aubin qui doivent en avoir tous les ans puisqu’ils ont ses terrains en fermage, mais elle a du leur défendre de parler d’elle à quiconque car personne au village ne sait rien. Ses meubles sont toujours chez Weiss et toujours tout est fermé. Comme tu le vois, tout change, nous changeons aussi, rien n’est immuable. Si tu revenais, tu trouverais tout le monde vieilli et tu ne connaîtrais plus les jeunes. En ce moment nous avons de la neige , on en profite pour coudre ; quand il fera beau, nous fagoterons notre bois à la coupe et les travaux du dehors recommenceront. Les bonnes volontés ne manquent pas, espérons qu’elles prévaudront sur les autres et que tout ira mieux. Avec nos bons souhaits de bonheur et de santé à toi et ton mari, ma chère Fernande, avec mes meilleures amitiés, les bons baisers de ta vieille amie. Louise
4 avril 1922 Chère Fernande, Voici ce que Weiss vient de nous dire : L’huissier, sur son ordre a écrit à ta mère, poste restante 6ième, les vingt jours étant écoulés sans réponse, l’huissier prévient le procureur pour l’autoriser à faire la vente du mobilier. J’ai demandé à Weiss s’il voulait bien attendre ta réponse à ma lettre avant de poursuivre. Ce qu’il désire surtout c’est la liberté de son logement. Réponds tout de suite, je t’en prie. En attendant, j’espère que ces quelques mots te trouveront en bonne santé ainsi que ton mari…
6 avril 1922 Chère Fernande, C’est avec regret que nous avons appris la mort de ta pauvre mère. Nous l’avons tous connue et avons toujours su apprécier ses qualités. En cette douloureuse circonstance, reçois, chère Fernande, mes condoléances bien sincères. C’est hier que nous avons reçu ta lettre. En t’embarquant samedi matin à 8 heurs, tu sera à St Vit à 4 heures et ¼, où nous serons à t’attendre.
18 mars 1922 Chère Fernande, Je suis en retard pour répondre à ta lette, mais le maire n’a pas encore les livres. Hier nous sommes allées à St Vit avec Marthe, trouver le percepteur qui nous a fait le relevé de tes terres. Arrivées à la maison, en regardant la feuille, on s’aperçoit que le 2ième article n’est plus à toi, . Ta mère a du vendre cette pièce mais elle est toujours à ton nom et tu dois en payer les droits. Ta mère en a toujours payé les impôts , si la mutation est faite, elle a oublié d’être rayée. A la poste, nous avons touché ton mandat et t’en remercions beaucoup. Nous avons eu un peu de beau temps, les pommes de terre et le maÏs sont plantés. On a commencé les vignes et aujourd’hui il pleut à torrent. Kiki fait toujours bon ménage avec son compagnon Jeannot. Mlle Billet vous envoie un grand bonjour et est fort occupée à ses jardins. De temps à autre quelques personnes nous parlent de toi et de ton mari. Rien de nouveau au pays, tout le monde est en retard dans ses travaux et se dépêche quand il fait beau. Coco passe assez souvent, raide comme un piquet. Donne le bonjour et c’est tout…
26 juillet 1922 Chère Fernande Nous t’envoyons tout de suite ce papier te concernant, que Weiss vient de nous remettre. Le maire de Routelle l’ayant reçu du maire de St-Vit. Nous pensons que vous aurez une agréable surprise et nous vous le souhaitons de tout cœur. Tout va bien à la maison. Kiki aime fort les cerises. Nous avons eu de vos nouvelles ces jours-ci par Mademoiselle Léa et espérons en recevoir bientôt. Dans l’attente de vous lire, recevez tous les deux nos meilleures amitiés.
14 novembre 1922 Ma chère tante, L’échéance de la St Martin me fit mettre la main à la plume pour vous demander de vos nouvelles. J’espère que vous allez bien ainsi que tout votre monde , grands et petits. Suzanne a bien profité de ses vacances. Louise engraisse-t-elle toujours, et la fille d’Isabelle est-elle aussi belle que sa maman ? Quant à nous, cela va toujours ; nous avons eu de l’occupation au dehors jusqu’à maintenant. Malgré la grêle, les vendanges sont abondantes mais la qualité manque. Je crois que de tous les aliments, seul le vin baissera. En même temps que votre feuille d’impôts, je vous envoie un mandat poste de 30 moins 7,70 = 22,30 francs. Vous décidez-vous à les vendre cet hiver. En les mettant aux enchères vous en trouverez un bon prix, étant bien situés. Ma chère tante, voici l’hiver, faites votre possible pour vous préserver des grippes ainsi que tous cousines et cousins, Maman et Marthe se joignent à moi et vous envoyons nos bons baisers. Votre nièce Louise
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